La boîte à bonbons.

Quand j’étais petite fille, mes parents faisaient très attention à limiter ma consommation de sucreries.
Ils avaient une jolie boîte dorée qui contenait tout ce que j’aimais : carambars, fraises tagada, chocolats et autres friandises.
Cette jolie boîte trônait fièrement en haut du meuble de cuisine. Elle était pour moi inatteignable. Mes parents la descendait quand il y avait quelque chose de spécial : une bonne note à l’école était souvent pour moi l’occasion de la faire descendre.
Allez savoir, cela a peut être contribué de manière inconsciente a augmenter ma motivation pour obtenir de bons résultats scolaires.
Et puis, il y a eu ce jour très particulier, je devais avoir environ 7 ans.
Mon père avait un air grave et ma mère pleurait à chaudes larmes.
Papa m’a assise sur le meuble de la cuisine, il a descendu la jolie boîte dorée et m’a laissée choisir ce que je voulais avant de commencer à parler.
Je crois que je n’ai pas tout de suite compris ce qu’il me disait car j’étais bien trop occupée à essayer d’enfourner un deuxième carambar dans ma bouche. 
Et puis j’ai entendu « mamie est morte, elle est partie au ciel ».
Et là mon monde s’est effondré..Mamie ? Morte ? C’est impossible..
 
Mes parents étaient tellement tristes qu’ils ont oublié de remettre la boîte dorée à sa place.
Il me semble que tout le monde à la maison consolait sa tristesse avec des sucreries ou du chocolat.
Je crois que c’est à partir de ce jour là que j’ai commencé à comprendre le pouvoir « anti-larmes » des nounours en chocolat.
Dès que maman pleurait, sa main portait ces nounours en chocolat à sa bouche, sans qu’elle ne réalise ce qui se passait.
Petit à petit, le chagrin s’est apaisé et la jolie boîte dorée a retrouvé sa place tout en haut du buffet.
 
Ce n’est que 30 ans plus tard, en observant objectivement mon comportement avec la nourriture que j’ai pris conscience que cet épisode avait laissé de nombreuses traces en moi.
J’ai réalisé qu’à partir de mon premier chagrin d’amour à l’adolescence, j’ai comme ma maman, noyé mes larmes dans les nounours en chocolat et à la guimauve..j’avais tellement besoin de douceur pour consoler mon coeur.
A chaque fois que j’étais triste, je m’offrais cette gourmandise. J’étais capable d’engloutir la boîte d’un kilo en une seule journée.
J’ai fonctionné ainsi pendant plus de 25 ans , avalant des nounours en chocolat qui avalaient mes larmes.
Lorsque j’ai pris conscience de ma façon  de « manger mes émotions », j’ai choisi de fonctionner différemment et de changer cette mauvaise association.
 
Aujourd’hui, lorsque je suis triste, je m’autorise à aller explorer cette tristesse. Je m’autorise à pleurer, car les larmes libèrent et guérissent.
Ensuite, je bois un grand verre d’eau et je respire calmement. Ce qui me fait beaucoup de bien à ce moment là, c’est de respirer des huiles essentielles qui me réconfortent et me consolent. Elles m’envoient beaucoup d’amour, cela me met du baume au coeur. Et ce qui est génial, c’est que contrairement au chocolat, elles ne laissent aucune trace douloureuse sur mon ventre, mes fesses et mes hanches.

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